Sous l'énergique impulsion de Louis Loucheur, la loi du 13 juillet 1928 (construction de 260 000 logements dont 60 000 HBM) est rapidement mise en œuvre. Le programme élaboré par l'OPHBM.VP (l'Office de l'époque) étend considérablement son activité de constructeur. Les débuts réels de l'Office, après l'Armistice, correspondent aux premières ébauches des grands plans d'aménagement urbains. Il faut alors construire vite et beaucoup. Les architectes municipaux établissent des schémas typologiques qui, par suite de la guerre, ne seront pas remis en cause avant quelques décennies. Outre la brique et la pierre, le béton fait son apparition dès 1930. |

137 bld de l'Hôpital (1926) |
L'Office veille, selon l'optique "hygiéniste" de l'époque, au bien-être de ses locataires : salubrité, ensoleillement, air pur, espaces verts...
L'agence d'architecture de l'Office, qui accueille de nombreuses personnalités issues de la fondation Rothschild, étudie méthodiquement les conditions architecturales propices à accueillir une population variée et imprime une silhouette de qualité aux réalisations de l'OPHBM.
Des architectes privés bâtissent aussi pour l'Office. Parmi eux, Arfvidson, Bassompierre, de Rutte (18/24, rue Brillat-Savarin, Paris XIIIe), Sauvage (13, rue des Ardennes, Paris XVIIIe), et bien d'autres, construisent des logements sociaux selon les canons de "l'Art nouveau", accordant une attention particulière à l'ornementation des façades.
Malgré la stabilisation du nombre d'habitants, une terrible crise du logement sévit en France et à Paris, la guerre ayant endommagé bon nombre d'immeubles.
Selon les statistiques de l'OPHLM (dénomination de l'Office à cette époque), les besoins les plus urgents concernent les logements pour les familles nombreuses et les jeunes ménages.
La crise atteint son apogée en 1956 et le cri d'alerte de l'Abbé Pierre rencontre un large écho.
De 1952 à 1972, le bâtiment passe de l'artisanat à l'industrie. C'est l'ère des grands ensembles, les termes de "barres" et de "tours" sont inventés. Il en résulte pour l'OPHLM un énorme effort de construction et, pour sa population, l'assurance de trouver des logements salubres et confortables.
L'Office HLM de la ville de Paris assure à nouveau le rôle principal de constructeur de logements sociaux, grâce aux prêts de longue durée et à faible taux d'intérêt consentis par l'Etat.
En 1974, à la fin des Trente Glorieuses, un basculement des tendances est observé : les architectes redécouvrent la théorie des cités jardins, "l'immeuble de ville" et "la maison de ville". Les années 80 marquent pour l'Office un retour vers Paris, après un développement en région parisienne. Pendant cette période, l'Office intervient, en liaison avec la ville de Paris, pour la réalisation de constructions neuves, soit en Zac (Zone d'aménagement concerté), soit dans des projets d'aménagement urbain liés à une déclaration d'utilité publique.
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14/18 bd Victor |
| Parallèlement, l'Office engage un important travail de modernisation de son patrimoine par des programmes exceptionnels de grosses réparations et des opérations d'amélioration des logements à usage locatif et occupation sociale (Palulos). Dans le cadre de ces dernières, plus de 23 000 logements HBM sont réhabilités entre 1984 et 1994. |

14 rue Félicien David |
En 1995, l'office entame la première année d'un programme quadriennal d'entretien de son patrimoine. Durant cette période, d'importantes opérations de requalification de sites sensibles sont également menées. Elles visent à améliorer l'environnement (sectorisation et aménagement des espaces extérieurs), l'immobilier, la sécurité et la vie sociale. Le contexte de production évolue. Il se caractérise par un urbanisme "à visage humain", illustré notamment par la taille des opérations : de 65 logements en moyenne par opération en 1995, l'Opac de Paris passe à 26 logements en 1997, et à 18 en 2000. Les coûts de construction augmentant très sensiblement et les occasions foncières se raréfiant, l'Office entame, en 2000, une politique d'acquisition d'immeubles occupés, ce qui lui permet, par ailleurs, de viser une meilleure répartition géographique de son patrimoine. |

Cité Charles Hermite |
En application de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU) du 31 décembre 2000, l’Opac de Paris a engagé dès 2001 des actions en faveur de la production de logements sociaux. Compte tenu des difficultés liées au manque de foncier à Paris, le nombre de mises en chantier a stagné, mais a été fortement compensé par le développement des acquisitions. Ainsi, parmi les 4 631 logements livrés entre 2001 et 2005, 2 502 étaient des logements neufs et 1 804 des logements acquis. En effet, depuis 2001, la réglementation autorise l’acquisition d’immeubles occupés, sans obligation de travaux, pour les transformer en logements sociaux.
L’Opac s’est vu confier le 1er janvier 2006 par la Ville de Paris 16.016 logements relevant de la convention de 1930 que Paris avait passée avec la Sagi. Ces logements construits après la Première Guerre Mondiale, vont faire l’objet d’un certain nombre d’actions de la part de l’Opac : programme de remplacements de toitures, restructuration des chambres individuelles en appartements, remise à niveau des logements soumis à la loi de 1948.